Chaque lundi du mois de juin, des citoyennes (majoritairement) et quelques citoyens, se sont réunies pour soutenir la lutte contre les violences faites aux Enfants. Cette mobilisation a permis le 4 juillet 2026 de marcher ensemble avant l’été, en attendant de nous retrouver en septembre, car nos instances parlementaires vont travailler sur les changements nécessaires à conduire (à la mi octobre).

Le 29 juin, sur invitation du Collectif Enfantiste, j’ai partagé en quelques minutes pourquoi la formation est un pilier de la lutte contre les violences faites aux enfants, et je partage ici le texte de cette prise de parole. Etre enfantiste, c’est considérer absolument toustes les enfants comme sujets de droit, s’élever à leur hauteur, assurer leur méta besoin de sécurité et tout mettre en oeuvre pour garantir leur protection effective. 

Nous sommes le lundi 29 juin, et au moment où je vous parle, déjà 86 400 enfants ont été victimes de violences sexuelles dans notre pays.

Au 6 mai, le collectif Enfantiste avait déjà recensé 13 infanticides. Nous pourrions ajouter les enfants victimes de violences conjugales, et toutes les autres formes de violences qui leur sont faites du seul fait que ce sont des enfants : les violences éducatives dites ordinaires, le harcèlement, les cyberviolences, les violences médicales, économiques, matérielles, institutionnelles etc

 

Je lis, ici et là,

Qu’une mère bobo et bohème aurait entraîné son fils dans un délire de victimation

Qu’un homme aurait assassiné son ex petite amie de 14 ans et que dans les médias, on appelle ça un féminicide

Que le site coco qui était un repère pour les pédocriminels est ré ouvert sous un autre nom

 

J’entends, ici et là

Que cela n’aurait rien à voir avec un manque de moyens

Que les formations sur les violences faites aux enfants sont largement déployées

Que les enfants victimes sont majoritairement auditionné.es dans les salles Mélanie

 

Je suis formatrice en prévention des violences faites aux enfants.

Prévenir, c’est d’abord nommer ce qui est :

Les pédocriminels n’attouchent pas les enfants, ils les agressent sexuellement et les violent

Il n’y a pas d’enfant qui ne feraient pas leur âge, pas de jeune fille, il y a juste des enfants

Il n’y a pas de conflit de loyauté mais des stratégies de survie des enfants pour tenter de se soustraire à la violence

Il n’y a pas de syndrome d’aliénation parentale mais de la coercition et de la silenciation

Il n’y a pas de violences ordinaires, pas de violences douces, il y a des violences systémiques, alternées, cumulées et genrées

Former les professionnel.les qui travaillent avec les enfants, c’est permettre aux enfants de nous repérer enfin comme des adultes capables de les protéger

Les clés des formations que j’anime sont de qualifier ces violences et d’identifier les mécanismes qui les produisent : par exemple la stratégie des agresseurs, la coercition, le continuum et l’adultisme

Il s’agit de comprendre ce qu’est le psycho traumatisme complexe, c’est-à-dire comment le cerveau des enfants victimes active une protection pour survivre, produisant de la mémoire traumatique, de la dissociation,

Enfin, se former c’est être capable de recueillir et d’accueillir la parole des enfants victimes  et ce qu’il est essentiel de leur dire :

Je te crois, Tu es très courageuse, courageux, Merci de ta confiance, Tu n’es pas responsable, Ce qu’il, elle t’a fait s’appelle de la violence, La loi interdit les violences,

Avec les personnes dont c’est le métier de protéger les enfants nous allons agir

Nous avons le devoir collectif de nous élever à la hauteur des enfants, de tous les enfants, ces enfants que nous-mêmes avons été, ces enfants que nous avons conçu.es, ces enfants que nous accompagnons, que nous soyons dans l’enseignement, dans le sport, dans un cabinet de médecine générale, ou dans un tribunal

De tous les enfants, de tous les pays,

Je pense aux enfants non accompagné.es et isolé.es que j’ai rencontré dans ma vie professionnelle, à ces enfants ici à Lyon, qui vivent et dorment dehors, ces enfants à qui Frontex remet un guide leur expliquant que leur retour forcé est comme un jeu grandeur nature

C’est bien sûr une question de moyens.

Nous avons le devoir et le pouvoir de rester mobilisé.es car former coûte de l’argent, plaidoyer coûte de l’argent, soigner coûte de l’argent. Et la bonne nouvelle, c’est que cela coûte moins d’argent que de ne pas agir.